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| | News et opinions : Actualité
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| J’ai toujours eu un faible pour les exercices de rédaction. Ça fait plusieurs années maintenant que je m’accorde du temps pour écrire le fond de ma pensée et ce que j’ai sur le cœur. Les mots qui me viennent me semblent alors plus dociles qu’oralement. Ils viennent manger dans la main comme des oiseaux à qui on tend des graines. S’agglutinant sur les pages de mon agenda ou sur l’écran de mon ordinateur comme de la limaille sur un aimant, ils s’approchent même parfois tout seuls si je les laisse faire. Il ne me reste plus qu’ensuite à tenter d’y mettre un peu d’ordre. |
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| Poursuivons l’analyse des différents termes de l’équation politico-médicale que soulève l’émergence du questionnement sur la dépénalisation/légalisation des produits psychoactifs aujourd’hui illicites (Revue médicale suisse des 1er, 15 et 22 septembre).1 Nous avons vu que c’est vers la moitié du XIXe siècle que commence à apparaître dans les pays occidentaux un usage régulier, puis compulsif, des drogues en dehors de tout contexte thérapeutique, ou échappant à l’encadrement thérapeutique initial. Ces intoxications iatrogéniques inquiètent progressivement le corps médical qui commence à parler de «toxicomanie» vers 1880. |
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| Tous ceux qui s’intéressent à la vulgarisation médicale et scientifique dans l’espace francophone se souviennent certainement de l’ouvrage Biologie des passions1 dans lequel le neurobiologiste français Jean-Didier Vincent «dépassant le clivage traditionnel entre le corps et l’esprit » proposait de nouvelles réponses scientifiques à des questions aussi vieilles que l’humanité peut l’être : qu’est-ce qu’aimer ? Peut-on expliquer l’amour de Roméo pour Juliette ? Qu’est-ce que le désir, le plaisir et la douleur, le goût du pouvoir et de la domination ? Ambitieux, l’auteur y proposait rien moins qu’une nouvelle «théorie des émotions» visant «à harmoniser notre conception de l’homme». |
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| L’une des caractéristiques de la lutte contre l’épidémie de sida est qu’elle souffre, bien plus que d’autres entités pathologiques, d’insupportables contradictions. Elle génère certes depuis des années de multiples propos médicaux et scientifiques argumentés. Séparés les uns des autres, chacun se nourrit de sa propre logique. Mais il suffit de les réunir et de les comparer pour que les contradictions éclatent au grand jour. Prenons les derniers exemples en date en France avant de faire de même à l’échelon planétaire puisque certains – parmi les meilleurs experts – envisagent la perspective de l’éradication quand d’autres programment un sida éternellement présent au sein de l’espèce humaine ; si tant est que notre espèce est promise à l’éternité. |
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| Ce matin, dans le journal, un faire-part de décès vient ébranler notre petit monde. Mon assistante-médicale qui parcourt fidèlement le canard de la région en s’attardant sur les pages froides (comme chacun avec le temps incline à le faire !) n’a pas raté la nouvelle : cet homme de 77 ans qui nous a consulté avant-hier dans le service de garde est mort ! Drôle de coïncidence pourrait penser un lecteur désinvolte, bonne blague à servir lors d’un prochain souper… |
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| Le managed care ou réseau de soins intégrés est un mot devenu à la mode depuis quelques années. Dans tous les milieux s’intéressant de près ou de loin à la santé. Chez les politiciens en particulier. Les assureurs suisses, grâce à un intense lobbying, les ont facilement persuadés que c’est là un des meilleurs moyens pour tenter d’enrayer l’inexorable augmentation des coûts de la santé. La panacée ! Ils pensent que la nouvelle génération de médecins recherche un travail en groupe, pour faire face à la solitude en cabinet, pour aménager les temps de travail ou les gardes. C’est possible dans les centres urbains, beaucoup plus difficile, voire impossible, dans les campagnes ou les régions périurbaines. |
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| Une nouvelle étape sans doute importante vient d’être franchie dans la compréhension des bénéfices de certains polyphénols. On sait que cette famille de molécules organiques largement présentes dans le règne végétal (et caractérisées par la présence de plusieurs groupements phénoliques) peut présenter des propriétés antioxydantes qui font qu’elles prennent une importance croissante dans le domaine alimentaire et dans la prévention d’affections de nature très différente. |
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| Continuons l’analyse des différents termes de l’équation – médicale, politique et économique que soulève l’émergence du questionnement sur la dépénalisation/légalisation des produits psycho-actifs aujourd’hui illicites 1 (Revue médicale suisse des 1er et 15 septembre). Mais comment pourrait-on mener cette analyse sans effectuer un retour vers le passé ? Qui – hors les historiens et les sociologues spécialisés dans ce domaine –- sait qu’il y a moins d’un siècle toutes les «drogues» étaient autorisées à la vente et à la consommation dans un monde qui n’avait de cesse de s’industrialiser ; du moins toutes les drogues existant à une époque où la chimie de synthèse n’avait pas encore envahi ce champ. L’affaire est parfaitement exposée dans un savant et dérangeant petit ouvrage 2 signé Henri Bergeron, sociologue chercheur à Sciences Po (Paris) et au Centre de sociologie des organisations du Centre national français de la recherche scientifique. |
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| Enfin un débat original et roboratif ! Un débat de notre temps. Avant-hier, ceci n’aurait en France passionné qu’une poignée d’intellectuels germanopratins. Puis l’affaire aurait peut-être fait le sel des dîners chics de l’Hexagone, de la Suisse et de Belgique ; une Belgique dont on nous dit aujourd’hui qu’elle prend chaque jour un peu moins ses neuroleptiques, accepte sa schizophrénie. |
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| En relisant ce texte, je m’aperçois qu’il nécessite un préambule sous forme d’avertissement.
Pas tellement pour celles et ceux qui y reconnaîtront un peu d’eux-mêmes, mais pour tous ceux qui seraient tentés trop rapidement d’en contester la forme ou le contenu. Je préviens, passez votre chemin, faux sensibles ou liseurs professionnels ! Ces mots ne sont pas pour vous, ils transpirent la passion dans une sorte de désordre et de sensibilité diffuse. Les phrases qu’ils forment sont des torrents de joies immenses et de désenchantements. Les paragraphes qui suivent sont vertigineux de bonheur mais aussi écorcheurs d’âme et générateurs de douleurs.
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